Requiem for a Dream, Vol au-dessus d’un nid de coucou, Le Silence des agneaux… 1 an, 100 films #3

Le mois de novembre aura été bien pour moi l’occasion de faire beaucoup de découvertes filmesques. À l’heure où j’écris, j’en suis pour le moment au 30e long-métrage de ce challenge #1an100films, dépassant pour le moment les espérances que j’avais en me lançant début septembre. Je vous parlais dans le dernier article du fait que j’arrive de mieux en mieux à me laisser porter dans mes choix, et en effet je me surprends à explorer de nouveaux genres et horizons et à aimer ça (comme quoi, ça a du bien de sortir de sa zone de confort).

J’avoue que je procrastine pas mal concernant les articles de ce défi : ce sont des posts qui me prennent du temps car je veux essayer de faire les choses biens et de vous donner un avis un minimum construit, et sur lesquels je ne suis quand même vraiment pas aussi à l’aise que pour les recettes. J’attends d’ailleurs aussi de ce challenge qu’il m’aide à aiguiser mon esprit critique et qu’il me soit au fur et à mesure de plus en plus facile de comprendre ce qui m’a plu et déplu dans une oeuvre (et je pense qu’il n’y clairement pas meilleur exercice que celui-là).

Aujourd’hui, on se retrouve pour une toute nouvelle sélection de cinq films (dont la plupart vous seront sûrement familiers) : Requiem for a Dream de Darren Aronofsky, Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman, Le Silence des agneaux de Jonathan Demme, Ghost de Jerry Zucker et Blue Jay de Alexandre Lehmann.

Je profite d’ailleurs de ce nouvel article pour vous faire une petite promotion rapide de mon compte Sens Critique que j’ai créé il y a peu et sur lequel je m’amuse comme une petite folle ces derniers jours. Que ce soit pour découvrir les critiques du #1an100films en avant-première, ou bien pour suivre de plus près mes coups de coeur et déceptions séries et longs/courts-métrages, je vous invite donc à me retrouver en cliquant juste ici.


11. Requiem for a Dream – Darren Aronofsky

Trois amis, Harry, Marianne et Tyrone, passent leurs journées à se droguer pour se sentir invulnérables et heureux. Cet eldorado a un prix.


Requiem for a Dream fait partie de ces rares films qui m’ont foutue une énorme claque. Si j’avais déjà vu du même réalisateur Black Swan, qui m’avait dans l’ensemble plutôt plu, RFAD est pour moi à un tout autre niveau.

La réalisation de Darren Aronofsky est tout d’abord pour moi vraiment génialissime. Les plans rapprochés s’enchaînent et se succèdent à un rythme effréné et plonge le/la spectateur.trice dans une expérience visuelle et sonore immersive où tout est fait pour nous faire ressentir au plus près ce que vivent les personnages. Niveau acteur.trice.s, s’iels livrent tou.te.s une superbe prestation, j’aimerais lever mon chapeau à Ellen Burstyn, qui a à mon sens de loin la palette d’émotions la plus large du casting, et dont le jeu est tout simplement époustouflant et terriblement juste. Elle qui était au début du film une veuve isolée des plus tristement attachantes, il est vraiment dur d’observer sa descente aux enfers.

Cependant, ne foncez pas découvrir ce bijou les yeux fermés (il y a avant quelques petits « détails » à avoir en tête) ! En effet, Requiem For A Dream est un film que j’ai trouvé vraiment éprouvant, et qui aborde de nombreux sujets choquants, sans concession à l’écran. Donc si je pouvais ne vous donner que deux conseils pour apprécier au mieux le film sans en ressortir trop retourné.e pour autant : ne le regardez pas seul.e, et attendez d’être dans un bon état d’esprit pour le visionner (sinon bonjour la déprime).


12. Vol au-dessus d’un nid de coucou – Milos Forman

Pour échapper à la prison, Randall P. McMurphy se fait volontairement interner dans une clinique psychiatrique. Il y découvre injustice et oppression.


Avec Vol au-dessus d’un nid de coucou, Milos Forman livre un film émouvant, tantôt drôle, tantôt triste. Les acteur.trice.s sont tou.te.s excellent.e.s et on en vient à oublier à plusieurs reprises qu’iels jouent. Mention spéciale à la prestation de Jack Nicholson qui est vraiment époustouflant et très juste, bien plus que dans Shining à mon sens (ce qui est peut-être dû au fait que ce rôle lui demande de montrer une palette d’émotions bien plus vaste). Le film date de 1975, mais je trouve qu’il a vraiment extrêmement bien vieilli.

Bon par contre, il va falloir m’expliquer pourquoi la nouvelle série Netflix Ratched prend pour personnage principal l’infirmière du même nom et essaie d’en faire une complète psychopathe (je n’ai vu que la bande-annonce, mais ça m’a suffit à prendre un peu la température). Parce que si son caractère autoritaire et son manque total de flexibilité en fait un personnage souvent énervant, voire parfois détestable, un peu de recul nous rappelle la difficulté de sa profession et le véritable calvaire que lui font parfois subir les patients. Il reste le point des « outils de rééducation » employés qui est aussi souvent soulevé, mais ces derniers ne sont pas des inventions de son esprit mais malheureusement des pratiques courantes à l’époque, aussi barbares soit-ils. En tout cas, elle est loin de ce personnage assoiffée de sang qu’a l’air de brosser la nouvelle série de Ryan Murphy dont je trouve donc le nom un peu putaclic.

Je ne suis pas forcément d’accord avec le fait que l’on reproche au film parfois un certain manichéisme (pour cette raison aussi que je ne suis pas fan du synopsis ci-dessus) car comme je l’ai expliqué, pour moi Ratched (Louise Fletcher) n’est typiquement pas cette infirmière affreuse et sans coeur, et de l’autre côté McMurphy est un violeur d’une enfant de 15 ans (et cela est bien précisé au début du film, la scène où il en parle étant bien dérangeante). Alors, certes, on s’attache aux personnes internées, et moins au personnel, car ce sont sur eux que le film s’attarde vraiment. Pour autant, je ne pense pas que Vol au-dessus d’un nid de coucou soit tout noir/tout blanc.

En bref, une très belle découverte, et un film intemporel que je recommande chaleureusement !


13. Le Silence des agneaux – Jonathan Demme

Clarice Starling, une jeune agent du FBI, enquête sur Buffalo Bill, un tueur en série connu pour dépecer ses victimes. Pour comprendre la psychologie du meurtrier, elle décide de rencontrer le Dr Hannibal Lecter. Autrefois psychiatre respecté, Lecter est aujourd’hui interné pour cannibalisme. Psychopathe, redoutablement intelligent et manipulateur, l’ex-psychiatre dit être capable de fournir des informations concernant Buffalo Bill ainsi que son portrait psychologique. Mais ce dernier, accepte d’aider la jeune femme qu’en échange d’informations sur sa vie privée. Entre eux s’établit un lien de fascination et de répulsion.


I’m having an old friend for dinner.

Dr. Lecter

On m’avait presque toujours vendu Le Silence des Agneaux (que petite, je confondais avec Le Seigneur des Anneaux, mais en même temps il faut dire que les titres sont assez similaires…..) comme un film d’horreur. Et les films d’horreur, de base, il faut dire que c’est pas trop mon truc. Du coup, ça faisait plusieurs années que j’avais vraiment envie de le regarder, car certain.e.s me l’avaient vendu comme un chef d’oeuvre, mais que j’avais peur de passer ma nuit à scruter l’armoire de ma chambre et à paniquer à chaque grincement de parquet.

Je me suis donc lancée sur le tard, et force est de constater qu’on est bien plus sur un thriller policier qu’autre chose (même si bon, c’est parfois un peu crado quand Lecter te raconte comment il a dégusté ses victimes). Le film est très bien réalisé, et même s’il date de 1991, il a sincèrement très bien vieilli. Jonathan Demme parvient à nous tenir en haleine sur 2 heures, sans aucune longueur. Anthony Hopkins est franchement effrayant dans son rôle de psychopathe cannibale et la performance de Jodie Foster (Clarice Starling), étudiante et jeune agente analyste du FBI qui parvient à s’imposer dans un milieu exclusivement masculin, est aussi plutôt remarquable.

Gros point négatif cependant : la représentation de la transidentité qui est problématique et border (et qui est bien évidemment liée à l’époque malheureusement). J’ose espérer que maintenant, le sujet ne serait plus du tout traité de la même manière.


14. Ghost – Jerry Zucker

Sam Wheat, cadre dans une banque d’affaires new-yorkaise, vit avec une jeune femme sculpteur, Molly Jensen. Ils s’aiment mais tout bascule lorsque Sam Wheat est agressé dans la rue et abattu. A sa grande surprise il se voit mort. Devenu fantôme, il va s’apercevoir que sa mort n’est pas fortuite et que la vie de Molly est en danger.


Ça faisait un moment que j’avais envie de voir ce film qui fait quand même partie, disons-le, des oeuvres les plus cultissimes de ces dernières décennies (on connaît tou.te.s certaines scènes, à l’instar du moment poterie-sexy).

Alors bon, c’est très culcul, très kitsch, les effets spéciaux sont assez cheap (même si oui, le film date de 1990 donc il est peut-être dur d’être totalement objective sur ce point). Le film traîne un peu en longueur parfois, les retournements sont tout à fait prévisibles. Cependant, même si on se doute d’une happy ending, on ressent quand même cette petite tension, ce petit suspense en filigrane (bah oui, on a envie de savoir ce qu’il va arriver à Demi Moore qui est quand même ultra stylée avec sa coupe à la garçonne). Puis, Ghost m’a quand même fait rire à certains moments et j’ai quand même passé plutôt un bon moment (le personnage de Oda Mae Brown incarné par Whoopi Goldberg y est pour beaucoup).

En définitive, si Ghost ne fera clairement pas partie (et de loin) de mes coups de coeur cinématographiques de tous les temps, et que je n’ai pas été convaincue par de nombreux aspects du film, ça reste quand même un drame romantique qu’on peut facilement se mater en famille et qui nous fera passer une bonne soirée.


15. Blue Jay – Alexandre Lehmann

Réunis par hasard quand ils retournent dans leur petite ville natale en Californie, deux anciens amoureux réfléchissent sur leur passé partagé.


Blue Jay, je n’en avais jamais vraiment entendu parler mais va savoir pourquoi, il faisait partie de ma liste Netflix depuis un moment. Un soir de petite déprime, où j’ai pas vraiment envie de me prendre la tête, et après une réflexion d’approximativement une heure sur quel film conviendrait le mieux à mon humeur (oui, je suis très indécise), je le vois et me dit « allez vas-y lance toi, en plus c’est pas trop long, c’est parfait » (1 h 20, on peut difficilement faire un film plus court).

L’idée de Blue Jay est assez simple et la base du scénario assez minimaliste : la rencontre par hasard de deux anciens amours de jeunesse, qui ont l’air de s’être beaucoup aimés, mais dont l’histoire s’est brisé à la suite d’on ne sait-quoi. Le film ne se déroulant que sur une journée, cela permet de prendre le temps, de s’attarder sur des petits détails sans trop rusher, et ça j’avoue c’est sympa. Le film a beau s’appuyer sur une romance, on est pas du tout sur quelque chose de gnangnan. De plus, on retrouve dans ce drame romantique en noir et blanc Sarah Paulson (American Horror Story) et Mark Duplass (The Morning Show, Room 104) qui, grâce à un jeu naturel, forme un duo plutôt juste et touchant. 

En bref, un film facile à suivre et qui se regarde bien, sans pour autant être la production de l’année, reste un long-métrage touchant.


C’est ainsi que se clôt cette troisième sélection du défi #1an100films que je me suis lancée début septembre (vous pouvez d’ailleurs retrouver les première et deuxième sélections ici et ). Prenez soin de vous, et on se retrouve bientôt pour la suite !

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