Les 10 commandements d’une cuisine zéro-déchet

En 2016, selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), nous avons produit 4,6 tonnes de déchets par habitant. Dans un contexte de changement climatique et de dégradations environnementales par l’Homme qui s’intensifient de façon toujours plus exponentielles, il semble indispensable de changer nos comportements individuels afin de protéger les générations futures, ce qui est pour moi une simple question d’altruisme. Le véganisme et le végétarisme sont, comme je vous l’ai notamment montré ici, une des solutions les plus impactantes à l’heure actuelle. Seulement, une réduction des déchets apparaît aussi plus que souhaitable.

D’autant plus qu’avec quelques petites astuces toutes bêtes, on peut sensiblement réduire la quantité de déchets produite à l’échelle individuelle (et collective) et éviter tout gaspillage. Je tenais donc aujourd’hui ici à vous en lister quelques-unes que j’ai essayé de mettre en place au quotidien et qui font clairement la différence.


1. Sur le fait-maison, tu miseras

Et oui, sans grande surprise, réduire sa consommation de plats industriels déjà préparés, généralement enveloppés dans du plastique non recyclable, permet une importante réduction de déchets.

Souvent utilisés pour gagner du temps et quand on a la flemme, il est néanmoins possible de remplacer ces plats industriels par des recettes très simples et rapides qui ne nécessitent pas de cuisson (et laissent derrière elles que très peu de vaisselle). Vous pouvez par exemple miser sur des salades composés avec des crudités, des légumineuses comme des pois chiches et des tranches de pain complet grillés, ou encore des wraps crudités/haricots rouges/sauce tomate.

Vous pouvez aussi préparez tous vos plats de la semaine en avance en une seule session de cuisine. On appelle ça le « batch cooking ». Cette méthode présente pour moi de nombreux avantages : elle permet de gagner du temps, de manger plus sain au quotidien et de ne pas avoir à se rajouter la charge de la cuisine le soir quand on est déjà épuisé de sa journée de travail (et en plus, ça fait du bien au porte-monnaie !).

De nombreux livres de recettes ont compris la tendance et proposent des menus facilement réalisables : c’est par exemple le cas d’En 2H, je cuisine veggie pour toute la semaine de Caroline Pessin dont mes parents ont récemment fait l’acquisition. Bien que certaines recettes soient « juste » végétariennes, elles peuvent généralement s’adapter assez facilement à un régime végétalien. Certaines recettes me laissent plus dubitatives que d’autres, notamment les soupes que je trouve généralement trop liquides et pas assez relevées, mais ce livre a le mérite d’être directif et de proposer une organisation efficace. Je ne le conseille pas plus qu’un autre, c’est simplement le seul que je connais et dont je peux vous parler. Pour vous faire un avis sur le batch cooking et vous inspirer, vous pouvez en tout cas feuilleter plusieurs livres de recettes ou jeter un coup d’oeil aux nombreux articles de blog et chaînes YouTube qui proposent des menus généralement simples à réaliser pour la semaine.

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Image issue d’En 2H je cuisine veggie pour toute la semaine de Caroline Pessin (Hachette)

Vous pouvez aussi songer à faire vous-mêmes vos laits végétaux (avoine, amande..), pâtes à tartiner ou encore farines. Même un aliment transformé comme le tofu peut être réalisé à la maison sans trop de difficultés avec du lait de soja, du sel et du citron.


2. Quand tu ne consommes pas, à surgeler tu penseras

Cela rejoint déjà un peu le point n°1. En effet, pour gagner du temps la semaine et quand même manger varié et équilibré, on peut choisir de congeler une partie de plats préparés La congélation vous permets de cuisiner en grande quantité, pour moins cher, et sans risquer d’impacter le goût des aliments. 

Je pense aussi et surtout à des aliments qu’on ne finit jamais en une seule utilisation. Typiquement, le lait/la crème de coco, que l’on peut congeler sous forme de glaçons afin d’en avoir de petites doses pour vos préparations.

Vous pouvez aussi pré-découper vos aliments (oignons et autres fruits et légumes en tout genre). Ça permet d’enlever le soir la charge du découpage, qui est parfois l’étape la plus longue, et permet un gain de temps non négligeable.

Et surtout, on oublie les sacs congélation et on leur préfère des contenants hermétiques réutilisables (en verre c’est encore mieux).


3. En vrac, au maximum tu consommeras

Là encore, pas de grande surprise, consommer en vrac permet de réduire facilement ses déchets. Et en plus, c’est souvent plus rentable que les produits vendus déjà emballés. De nombreux magasins bio s’y sont mis depuis longtemps et les grandes surfaces commencent timidement. Il vous suffit une fois rentré.e chez vous de stocker vos produits dans des bocaux en verre bien hermétiques et au sec pour une conservation optimale.

Il est d’ailleurs même possible dans de plus en plus de magasins bios de verser de l’huile, de la lessive ou du liquide vaisselle directement dans nos propres bouteilles et contenants. Super alternative !

Et afin d’éviter d’utiliser des petits sacs en carton que vous jetez à chaque fois, misez pour des filets réutilisables et/ou des sacs en tissus faits par vos soins avec des vêtements troués/tachés ou des chutes de tissus. Vous pouvez facilement trouver sur internet des patrons de couture pour cela (notamment pour le sac à baguette dont les tutos fleurissent en ce moment).

Sac à pain
Crédits photos : mercipourlechocolat.fr

4. Tes propres bocaux, tu privilégieras

Les conserves, c’est pas très écolo, je ne vous apprend rien. Même si c’est toujours mieux que les emballages non-recyclables, il faut garder en tête que rien n’est recyclable à 100%.

Personnellement, j’ai longtemps utilisé, et même encore cette année, pas mal de conserves ou de bocaux de légumineuses. Sauf qu’il est tellement simple d’acheter ses pois chiches, lentilles et haricots rouges secs en vrac et de les faire cuire par la suite.

Bien que la cuisson des pois chiches et des haricots rouges soit assez longue et nécessite un trempage préalable pendant une nuit, comptez seulement 10 à 35 minutes en fonction du type de lentilles (qui sont une source non négligeable de protéines, fibres et fer).

Vous pouvez aussi préparer de la sauce tomate, de la compote ou de la confiture en grande quantité et les mettre dans des bocaux pour allonger leur conservation. Attention néanmoins, il est important de les stériliser avant de mettre quoique ce soit dedans en les retournant au dessus d’une casserole remplie d’eau bouillante. Ensuite, remplissez les et refermez les vite.


5. Fruits et légumes abîmés, tu ne jetteras pas

Trop de légumes et de fruits abîmés sont jetés alors qu’ils sont encore mangeables. Si vous n’avez pas envie de les manger cru car l’aspect ou la texture vous rebute, plusieurs options s’offrent à vous :

Pour les fruits, pensez aux compotes et aux confitures. Personnellement, j’adore faire de la compote avec des pommes un peu abîmées ou des bananes trop mûres. Je les fais cuire à feu moyen avec un peu d’eau, de la cannelle et du gingembre et c’est délicieux. Vous pouvez ensuite la mixer ou la laisser tel quel avec des morceaux. Vous pouvez aussi vous servir de fruits abîmés pour faire des confitures à la maison, par ailleurs bien plus saines que celles achetées dans le commerce car vous avez la maîtrise sur la quantité de sucre.

Plus généralement, enlevez simplement la partie abîmée et foncez mangez la partie restante comme vous le souhaitez (soupe, poêlée…).


6. D’un aliment, plusieurs utilisations tu en auras

Pensez à récupérer les fanes de radis pour un pesto ou encore le vert de poireau qui est généralement jeté alors qu’il est très riche en vitamine C et faites-en une soupe. Vous pouvez aussi récupérer les pelures (de carotte, de pomme de terre..) de vos légumes (bios de préférence) et les incorporer à votre soupe ou en faire des sortes de chips au four.

Dans le même genre, conservez le jus de cuisson des pois chiches qu’on appelle aquafaba. Il est généralement utilisé pour recréer la texture des blancs en neige une fois fouetté afin de réaliser des meringues ou des mousses au chocolat 100% végétales par exemple, mais vous pouvez aussi l’utiliser comme liant pour votre houmous.

Houmous et aquafaba
ninaconlimon.com

Pensez aussi à récupérer les écorces de vos agrumes préférés (bio si vous comptez vous en servir pour une recette comestible), que vous pouvez faire sécher et utiliser dans un pot pourri afin de parfumer votre intérieur. Il est aussi possible de les faire confire et en profiter pour faire de bonnes orangettes au chocolat.

Vous pouvez également récupérer ces écorces pour les faire macérer avec du vinaigre blanc et ainsi obtenir un nettoyant multi-surfaces totalement écolo, au même titre que vous pouvez garder et faire macérer la peau de vos bananes pour en faire un engrais naturel. Il est même possible d’utiliser des coquilles d’oeufs broyées afin de nettoyer des poêles noircies difficiles à ravoir.

Enfin, ne jetez surtout pas votre pain rassis. Broyé finement à l’aide d’un mixeur, il fait office d’une excellente chapelure (alors que le prix de celle vendue en grandes surfaces est plutôt excessif). Trempé en tranches dans un mélange à base de lait végétal, de sucre, d’un peu de maïzena, de cannelle et d’extrait de vanille puis cuit dans une poêle chaude huilée, vous obtiendrez un délicieux pain perdu végétalien.


7. Aux dates de « péremption », tu ne te fieras pas (trop)

La date limite de consommation (DLC) est la date après laquelle la consommation d’un produit devient dangereuse pour la santé. On la reconnaît quand il y a marqué « à consommer jusqu’au » sur les produits alimentaires. On retrouve la DLC principalement sur les viandes déjà découpées, charcuteries, plats cuisinés réfrigérés, yaourts…

Elle est à différencier absolument de la date de durabilité minimale (DDM) qui est tout à fait indicative. Une fois la date dépassée, le produit perd de ses qualités gustatives ou nutritives (baisse de la teneur en vitamines par exemple), mais n’est pas dangereux pour la santé. On reconnaît la DDM aux mentions « à consommer de préférence jusqu’au » ou bien « à consommer avant fin ».

La majeure partie du temps, on trouve sur les produits une DDM et non une DLC et on peut donc consommer les produits en fonction de leur type quelques jours, semaines voire mois après cette date.

Quelques exemples : le sucre, le sel, le vinaigre et le miel ne se périment pas, bien qu’il y ait une date indiquée au dos des emballages. Les pâtes, riz, légumes secs, fécules, céréales et conserves peuvent se consommer très longtemps après leur DDM. C’est aussi le cas des produits en poudre ou en briques comme la soupe. Néanmoins, pour les conserves, si elles commencent à gonfler c’est qu’elles ne sont par contre plus bonnes mais cela arrive très rarement.

Pour les produits animaux, il ne vaut mieux ne pas trop tarder après la date indiquée sur les paquets. Si votre viande est dépassée de quelques petits jours, pensez à la cuire à point. Et surtout, si vous voyez que vous ne la mangerez pas avant, pensez à la surgeler. Pour tout ce qui est crémerie (lait, crèmes, fromages), les produits non ouverts se conservent 1 à 2 semaines après la date indiquée. Prêter néanmoins attention à l’aspect, l’odeur et le goût qui généralement ne trompent pas. Enfin pour savoir si vos oeufs sont bons, pensez à les plonger dans de l’eau. S’ils remontent, c’est qu’il faut les jeter.


8. Les courses, régulièrement tu feras

Faire ses courses régulièrement (et le ventre plein pour éviter les achats compulsifs) est un des meilleurs moyens de réduire ses déchets. Parce que les faire souvent permet de mieux sonder ses envies et besoins pour les jours à venir et ainsi éviter des achats inutiles. Ça permet aussi d’acheter ses légumes et fruits bien frais et de ne pas les voir pourrir ou s’abîmer, ce qui peut arriver généralement quand on les achète en trop grande quantité.

De plus quand on a un frigo trop plein, on a tendance à se perdre et à oublier des produits qui périment, que l’on est obligé.e de jeter par la suite. Un frigo avec seulement quelques aliments vous permet vraiment d’y voir plus clair et de savoir ce que vous devez absolument consommer.

Vous pouvez aussi prévoir des menus pour la semaine et vous repérez en fonction de ça. Ainsi, tous les produits que vous achetez vont être rapidement mangés.


9. Si tu en as la possibilité, un compost tu utiliseras

Quand on a un jardin ou un balcon sur lequel faire pousser des fleurs, plantes et herbes aromatiques, le compost est une super alternative pour les déchets organiques (légumes, fruits, coquilles d’oeuf, marc de café…). Mes parents en ont un depuis plusieurs années et utilisent l’engrais naturel obtenu dans le potager. Et ça fonctionne très bien. Il suffit juste de prendre un peu l’habitude de ne plus jeter ses déchets organiques à la poubelle, de les rassembler puis de les mettre régulièrement dans le compost. 

En plus, plein de tutos assez simples sont disponibles sur Internet pour faire son propre compost en bois, certains même pour la somme dérisoire de 20€ ou moins (alors que les compost déjà pré-fabriqués peuvent quant eux vite chiffrer).

Compost
Crédits photo : stopwaste.org

Et même si vous vivez dans un espace réduit, il existe aujourd’hui des alternatives, avec par exemple des composteurs de cuisine, sans odeurs !


10. Inventif.ve, tu seras

Soyez curieux.euse ! Plein d’astuces adaptées à vos envies et besoins pour réduire vos déchets sont totalement à votre portée. Il vous suffit d’un seul clic.

Sur Instagram (ou Pinterest, que je n’ai pas, mais qui apparemment est très bien), vous pouvez par exemple suivre le #zerodechet ou vous abonner à certains comptes comme celui des Écogestes de Léa ou zerodechet_etudiant, qui peuvent être une véritable source d’inspiration.

Alors quand vous vous apprêtez à acheter ou jeter quelque chose, demandez-vous toujours s’il n’existe pas d’autres alternatives plus respectueuses de l’environnement.

2 réflexions sur “Les 10 commandements d’une cuisine zéro-déchet

  1. Merci pour cet article hyper intéressant! Effectivement, de petits changements d’habitude peuvent avoir un gros impact sur l’environnement. De notre côté nous avons réduit nos déchets drastiquement en suivant certaines règles toutes simples. Quelle fierté d’utiliser par exemple notre propre compost dans le jardin, d’ailleurs nos légumes semblent ravis! Belle journée, bises

    Aimé par 1 personne

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