Mind my mind, La Chanson, Matriochkas…. Les courts-métrages de la semaine

Après avoir (enfin) lu les deux tomes de la série Les Culottées de Pénélope Bagieu dont je vous parlais ici cette semaine, j’ai pris une résolution : j’ai envie de contribuer moi aussi à mon échelle, aussi minime soit-elle, à mettre en avant des femmes fortes, des femmes brillantes, qui n’ont peur de rien. Des femmes qui s’expriment, des femmes qui s’imposent, qui font bouger les choses. Des femmes créatives, des femmes débordantes d’imagination, des femmes inspirantes, audacieuses. Des femmes que, de bien des façons, j’admire. Et cela me paraît d’autant plus important dans l’industrie du cinéma, milieu largement dominé par les hommes.

Dans cette perspective, j’ai décidé de continuer dans la lancée de la semaine dernière en essayant de promouvoir le plus possible dans « Les courts-métrages de la semaine » le travail de réalisatrices et actrices de talent.  Alors après Olla, Une chambre à moi et Le Coup des larmes, c’est au tour de La Chanson, Matriochkas et Mind my mind d’être mis en avant cette fois-ci.


1. La Chanson – Tiphaine Raffier (31 minutes) 

La Chanson de Tiphaine Raffier
Image issue de La Chanson de Tiphaine Raffier

J’ai découvert La Chanson grâce à la Fête du Court dans leur programmation « Rions un peu ». Si je trouve que ce choix n’était vraiment pas adéquat, ce court-métrage s’apparentant bien davantage à un drame qu’une comédie, son originalité m’a à la fois intriguée et beaucoup plu.

En effet, alternant entre documentaire et fiction, le moins que l’on puisse dire de ce court-métrage est qu’il est très particulier, mais également très réussi. L’intrigue se passe dans la ville étrange de Val d’Europe dont est originaire la réalisatrice Tiphaine Raffier, qui interprète Jessica dans le court-métrage. On y suit trois jeunes femmes fans d’Abba qui veulent se présenter à un concours de sosies mais dont le spectacle est menacé par la volonté d’émancipation de l’une d’entre elles.

Court-métrage sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2018, Grand prix du Festival du film court de Brest 2018, mention spéciale du jury au Festival international du court-métrage de Clermont Ferrand 2019, la SACEM lui a également décerné le prix de la meilleure musique originale. Interprétée par Victoria Quesnel (Pauline), la bande originale est composée par Guillaume Bachelé dont vous pouvez retrouver l’interview très intéressante pour BrefCinema juste ici. À la frontière entre slam et chant, j’ai trouvé que ces musiques, à la fois mélancoliques et touchantes, tout aussi étonnantes que captivantes, apportaient une véritable plus-value au court-métrage.

Le trailer de La Chanson est disponible juste ici.


2. Matriochkas – Bérangère McNeese (24 minutes) 

Matriochkas de Bérangère McNeese
Image issue de Matriochkas de Bérangère McNeese

J’ai découvert Matriochkas lors de la 36e édition du Festival du cinéma européen qui se tenait à Lille début mars dans la programmation « Les Indignées ». J’étais sortie très émue de sa projection et c’est d’ailleurs pour ce court-métrage que j’avais choisi de voter.

Interprétée par la talentueuse Héloïse Volle qui a reçu le prix de l’interprétation féminine au Brussels Short Film Festival, Anna est une jeune femme de 16 ans. Elle vit avec Rebecca, sa mère aux conquêtes éphémères qui l’a eue alors qu’elle était encore adolescente. C’est la fin de l’été, celui où Anna a commencé à découvrir sa propre sexualité. Lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte, sa mère se voit en elle au même âge. Anna se retrouve alors confrontée à un dilemme, garder ou non le bébé et par la même occasion prendre ou non le risque de briser sa relation avec sa mère. Dans ce cheminement complexe, Anna trouve un soutien là où elle s’y attend le moins.

Nommé meilleur court-métrage de fiction aux Magritte 2020, prix des lycéens au Festival International de Courts-métrages de la Côte Bleue 2019, Matriochkas est un court-métrage touchant. Crédibles et touchants, les personnages sont également très attachants. Bérangère McNeese nous livre ici une tranche de vie, une histoire simple mais prenante, et surtout remarquablement bien réalisée. 

Si Matriochkas vous intéresse, vous pouvez le retrouver sur BrefCinema.


3. Mind my mind – Floor Adams (30 minutes)

Mind my mind de Floor Adams
Image issue de Mind my mind de Floor Adams

J’ai découvert Mind my mind sur la plateforme du Festival International du film d’Aubagne, court-métrage qui y a gagné cette année le prix de la meilleure animation et qui m’a très agréablement surprise.

Avec Mind my mind, Floor Adams, la réalisatrice, nous livre de manière très métaphorique et avec toujours beaucoup de sensibilité l’histoire très touchante d’un jeune adulte autiste qui trouve son refuge dans l’aéro-modélisme. Le protagoniste principal est Chris, qui est guidé par Hans, une sorte de bonhomme neurone qui l’aide à traiter les informations et adapter son comportement en conséquence. Traitant avec poésie de la difficulté des relations, des plus impersonnelles aux plus intimes, le court-métrage nous immerge dans des situations a priori banales vues au travers du prisme de l’autisme et balaie un champ large d’émotions.

Premier film court de la réalisatrice dans lequel elle s’inspire du témoignage de personnes autistes avec qui elle a étroitement travaillé, il aura fallu à Floor Adams plus de 10 ans pour mener à bien le projet à bien, ce qu’elle détaille notamment dans une interview à Arte que vous pouvez retrouver juste ici. Très réussi, Mind my mind est auréolé de succès et a notamment été sélectionné pour l’Oscar du meilleur court-métrage 2020.

Le trailer de Mind my Mind est disponible juste ici.


Pour tou.te.s les féru.e.s de couts-métrages, vous pouvez d’ailleurs en visionner gratuitement en ce moment sur :

  • Le site internet d’Arte qui propose avec Les Courts à domicile un court-métrage par jour (vous pouvez notamment retrouver le génial Homesick de Koya Kamura)
  • Le site Docs ici Courts là qui propose des courts-métrages et documentaires en VOD gratuitement pendant toute la durée du confinement (il vous suffit pour cela de vous créer un compte gratuit avec une adresse mail)

3 réflexions sur “Mind my mind, La Chanson, Matriochkas…. Les courts-métrages de la semaine

  1. Ping : Caldeira, Provence, Nous ne serons plus jamais les mêmes… Les courts-métrages de la semaine – Nina Con Límon

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