L’Effondrement : une première série réussie pour Les Parasites

Collectif fondé en 2013, Les Parasites sont des anciens élèves de l’EICAR (École Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation) bourrés de talent. Je vous en parlais déjà brièvement ici mais ils se sont fait connaître par les courts-métrages postés sur la chaîne YouTube du même nom et ont remporté de nombreux prix, en particulier avec le 48 Hour Film Project.

Dès 2014, Les Parasites se font connaître avec leur court-métrage Amour artificiel  qui totalise aujourd’hui plus de 10 millions de vues sur YouTube et qui a remporté à l’époque de nombreux prix au 48 Hour Film Festival 2014 à Tours (prix du meilleur film, prix du public, prix du scénario, prix de la meilleure actrice pour Roxane Bret et du meilleur acteur pour Gabriel Mirété, prix de la meilleure utilisation de l’accessoire utilisé). C’est d’ailleurs grâce à ce court-métrage que je les ai moi-même connus, et que j’ai véritablement découvert ce format et cet univers.

À la suite de cela, je me suis mise à visionner l’intégralité des courts-métrages diffusés sur leur chaîne : Symptômes d’amour, Crise d’empathie, Bienvenue chez vous, M. Carotte – Lucie et le Périscope (TW : scènes de viol), Le Figurant, À l’arraché, Vertige, Eva D., Tentative 49, Lanceur d’alerte, La Boucherie éthique… Mon court-métrage préféré étant sans aucun doute l’engagé Jeu de Société.

Logo des parasites
Logo des Parasites

Avec leurs courts-métrages, Les Parasites m’ont dérangé, m’ont ému, m’ont tenu en haleine, m’ont fait pleurer, m’ont fait peur, m’ont choqué, m’ont étonné, le tout avec brio. Je ne pouvais qu’attendre de L’Effondrement que cette série fasse au moins aussi bien que le reste.


Écrit et réalisé en 2019, la série L’Effondrement est composé de de 8 épisodes de 15 à 25 minutes, diffusés sur Canal+ et postés au fur et à mesure sur YouTube. A priori série d’anthologie, je vous conseille néanmoins de regarder les épisodes dans l’ordre car de petits liens apparaissent au fur et à mesure.

La série suit divers personnages en différents lieux et à différents moments, en ayant toujours pour référentiel « l’effondrement ». Un flou est volontairement laissé autour des prémisses de cet évènement, si bien que l’on ne connaît pas les causes de l’effondrement sociétal global montré dans les épisodes. De nombreuses questions naissent donc rapidement de la part des spectateur.trice.s, invité.e.s à formuler des hypothèses qui vont dès lors se voir infirmées ou confirmées au fur et à mesure.

Je ne peux tout d’abord que saluer les efforts techniques fournis dans L’Effondrement. Chaque épisode est entièrement filmé en un seul ou plusieurs plans séquences très bien réalisés, ce qui est vraiment admirable, surtout dans les épisodes 3 et 7 (L’aérodrome/L’île). La caméra se place généralement au plus près des personnages incarnés par des acteur.trice.s crédibles et doué.e.s, mettant ainsi l’accent sur les sentiments qu’ils éprouvent.  Le parti pris de la peur est assumé dans cette série où la tension est palpable, afin de faire réagir le plus grand nombre.

De plus, la série permet d’appréhender concrètement le concept d’effondrement, « processus à l’issue duquel les besoins de base ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi », fortement lié à l’idée d’urgence écologique. Les Parasites s’inspirent ici de manière innovante des thèses de la collapsologie dont le représentant français majeur est Pablo Servigne, selon laquelle l’effondrement de la civilisation industrielle pourrait provenir de la conjonction de différentes crises (environnementale, énergétique, économique, géopolitique, démocratique…), et s’attèlent à dénoncer les dommages irréversibles causés par l’Homme sur son environnement, les « progrès » de la technologie et les inégalités sociales.

Avec cette série, Les Parasites renvoient parfois avec certains personnages au pire de la nature humaine, à « l’homme loup pour l’homme » et révèlent les élans égoïstes dans une société où la survie et la compétition sont pour la plupart devenues les mots d’ordre. Mais L’Effondrement ne fait pas l’erreur de tomber dans une vision manichéenne, en montrant notamment l’organisation de réseaux d’entraide.

Ainsi, avec L’Effondrement, Les Parasites dénoncent, émeuvent et tiennent en haleine encore une nouvelle fois. En bref, vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller de vous faire un avis sur cette série.


Déjà entièrement diffusée sur Canal+ et disponible en replay, la série est aussi disponible jusqu’à l’épisode 6 ici.

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