Mémorable, Je sors acheter des cigarettes, Cinq ans après la guerre… Les courts-métrages de la semaine #1

Après 5 ans d’absence, je décide aujourd’hui de raviver ce blog. J’ai, depuis le temps, pas mal changé et mûri comme vous pouvez aisément vous en douter. J’ai cultivé certains de mes centres d’intérêt tels que la musique et la cuisine, développé de nouvelles passions comme le théâtre, et j’en ai aussi laissées quelques-unes s’éteindre peu à peu.

Parmi mes passions récentes : les courts-métrages. Format que je ne connaissais pas vraiment avant d’arriver dans la vie étudiante, j’en suis très rapidement tombée sous le charme. Et c’est sûrement en ça que réside la force du court-métrage : son format. Parce qu’il oblige à planter le décor et les traits des personnages très vite dès les premières minutes ou secondes. Parce que l’on ne s’ennuie jamais. Et parce que tout simplement, j’ai l’impression que ce format si particulier incite beaucoup plus à la créativité.

Je vous propose donc ici une sélection de quelques courts-métrages, tous d’animation pour cette fois, que j’ai pu (re)découvrir cette semaine et qui valent sincèrement le détour.


1. Mémorable – Bruno Collet, 2019 (12 minutes)

Mémorable de Bruno Collet
Image issue de Mémorable de Bruno Collet

Mémorable, c’est mon petit coup de coeur de la sélection. On y suit l’histoire de Louis, artiste peintre, et de sa femme Michelle qui assistent à des phénomènes pour le moins étranges et troublants…

Avec Mémorable, le réalisateur breton Bruno Collet nous livre un court-métrage fort, poignant et poétique sur la maladie d’Alzheimer qui m’a même fait verser une petite larme. L’esthétique de ce court-métrage est irréprochable : les couleurs sont belles, le jeu des textures est bien pensé. Réalisé en stop motion, Mémorable est également une prouesse technique. Et enfin, comment ne pas parler de la musique ? La bande originale est superbe. Jamais de trop, elle accompagne à la perfection les personnages et l’intrigue.

Triplement récompensé au Festival d’Annecy, doublement récompensé au Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, en lice aux oscars 2020, le court croule sous les récompenses et les nominations, attestant de son appréciation plutôt unanime.

Pour découvrir le making off de Mémorable, ça se passe ici.


2. Je sors acheter des cigarettes – Osman Cerfon (14 minutes)

Je sors acheter des cigarettes d'Osman Cerfon
Image issue de Je sors acheter des cigarettes d’Osman Cerfon

C’est la troisième fois que je vois Je sors acheter des cigarettes. La première fois en cinéma, la deuxième en festival et la troisième depuis mon salon (Canal l’a mis sur leur chaîne YouTube !). Et trois visionnages plus tard, je l’aime toujours autant.

En lice pour les Césars 2020, Je sors acheter des cigarettes, c’est l’histoire de Jonathan, 12 ans, qui vit dans un appartement avec sa soeur, sa mère et aussi plein d’hommes à la même tête qui nichent dans les placards de la cuisine, les tiroirs de la commode ou encore dans la machine à laver.

S’ouvrant avec l’air de Roméo et Juliette La Danse des chevaliers de Prokofiev, morceau très grave et épique que j’adore, j’ai directement plongé dans l’ambiance de Je sors acheter des cigarettes. L’animation reste certes assez simple mais très efficace et se met surtout au service de l’histoire. Les petits hommes intriguent dès le début, si bien que l’on ne lâche pas des yeux l’écran. Les métaphores étant nombreuses, Je sors acheter des cigarettes nous pousse dans nos retranchements et nous fait nous poser des questions du début à la fin.

Pas mal d’interprétations en sont faites d’après ce que j’ai pu entendre, alors à vous de vous faire la vôtre.

Je sors acheter des cigarettes est disponible sur la chaîne YouTube de Canal + en cliquant ici.


3. Cinq ans après la guerre – Samuel Albaric, 2017 (17 minutes)

Cinq ans après la guerre de Samuel Albaric (2)
Image issue de Cinq ans après la guerre de Samuel Albaric

J’avais déjà vu une première fois en salles Cinq ans après la guerre, où il avait déjà attiré mon attention. Son deuxième visionnage depuis mon canapé a confirmé mon intérêt.

Cinq ans après la guerre, c’est l’histoire de Tim qui s’identifie depuis petit à Luke Skywalker, Spiderman ou encore Harry Potter. Leur point commun : ils ont tous grandi sans père. Tim n’a aucun souvenir ou photo de cet homme, seules les informations fournies par sa mère lui permettent de s’en faire une image fantasmé. Adulte, Tim décide enfin de partir à la rencontre de son père.

Cinq ans après la guerre se présente finalement comme un documentaire au format original puisque dans les moments d’animation, très esthétiques et colorés, les dessins suivent la voix de Tim et nous livre son témoignage (ce qui m’a un peu fait penser à Saigon-sur-Marne de Aude Ha Leplège), lui qui nous fait part de ses sentiments et du conflit intérieur qu’il connaît avec une pointe d’humour. Ces moments sont entrecoupées avec des prises de vue réelles de la première rencontre de Tim avec son père, où l’émotion est palpable. Finalement, Cinq ans après la guerre nous pose la question du manque que l’absence d’un père peut laisser et plus généralement de la construction de l’identité.

Découvrez Cinq ans après la guerre sur Télérama en cliquant ici.


Par ailleurs, si le format vous intéresse, plusieurs plateformes proposent des courts gratuitement que vous pouvez aller visionner dès maintenant. Je peux notamment conseiller :

  • Les Parasites

C’est un peu grâce à la chaîne YouTube Les Parasites que j’ai découvert l’univers des courts-métrages quand j’étais encore au lycée. Même s’ils ont maintenant un peu arrêté de produire ce genre de format pour se concentrer sur leur nouvelle série Canal + L’Effondrement (dont les épisodes filmés en plan séquence sortent au fur et à mesure sur YouTube), leur chaîne regorge de courts-métrages aux scénarios toujours très ingénieux, inventifs et bien pensés. Les acteur.trice.s sont toujours crédibles dans leurs rôles, les images sont belles. Ce qui est d’ailleurs remarquable puisque la plupart du temps, l’équipe écrit, filme et monte tout en 24H ou 48H dans le cadre de compétitions dans lesquelles ils ont  de nombreuses fois remporté les prix. En résumé, je recommande sincèrement.

  • Bref Cinema :

En quelque sorte un Netflix du court-métrage (avec un catalogue certes moins fourni), BrefCinema propose chaque semaine 3 courts-métrages aux non-abonné.e.s. Si la plateforme vous intéresse et que vous souhaitez découvrir plus de contenu, sachez également qu’elle propose un mois d’essai gratuit.

  • Les Courts qui rendent heureux :

Chaque jour à 12H, découvrez sur la chaîne Vimeo Les Courts qui rendent heureux un nouveau court-métrage gratuitement sur la chaîne et ce pendant 24H. Aujourd’hui, a d’ailleurs été mis en ligne Pile Poil, désigné Meilleur court-métrage aux Césars 2020, dont je vous parlerai sûrement dans un prochain article.

  • La Fête du Court… à la maison

Il vous suffit de cliquer ici pour vous inscrire jusqu’à ce mardi 31 mars et ainsi pouvoir télécharger un lecteur donnant accès à une programmation spéciale et gratuite. Télérama en propose notamment certains sur leur site.

  • La Fémis

La Fémis, c’est l’autre nom de l’École Nationale Supérieure de l’Image et du Son. Son site donne accès aux courts-métrages de fin d’études des ancien.ne.s diplômé.e.s.

  • Les Gobelins

La chaîne YouTube des Gobelins, école Saint Graal pour les étudiant.e.s en animation, compile un grand nombre de courts-métrages réalisés par leurs élèves.

  • ESMA Movies

Esma Movies, c’est la chaîne YouTube de l’ESMA, École Supérieure des Métiers Artistiques. Vous pouvez y retrouver des courts-métrages d’animation en tous genres et généralement sans limite de temps.

8 réflexions sur “Mémorable, Je sors acheter des cigarettes, Cinq ans après la guerre… Les courts-métrages de la semaine #1

  1. Ping : Burn Out, In Between, Thermostat 6… Les courts-métrages de la semaine – Nina Con Límon

  2. Ping : Caldeira, Provence, Nous ne serons plus jamais les mêmes… Les courts-métrages de la semaine – Nina Con Límon

  3. Ping : Olla, Une Chambre à moi, Le Coup des larmes … Les courts-métrages de la semaine – Nina Con Límon

  4. Ping : L’Effondrement : une première série réussie pour Les Parasites – Nina Con Límon

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